Nous sommes bien loin de tout

Le cul cloué sur la chaise et le poète qui dit à côté les mots qu’il a choisis et la bande sonore neutralisée par sa voix – et moi je suis bien incapable de t’entendre bien incapable de prononcer la moindre parole qui ne soit pas une vague idée cueillie un jour à l’orée d’une clairière de la pensée – quelque part autour de nous se trament crimes et dénouements et pourtant nous sommes bien incapables de parler autre chose que la langue de la lenteur défaite de l’impatience fragilisée et de l’élan vautré.
Cependant le cul cloué je serais bien aise de laisser tomber ce qui tient l’armure de ma gorge et attise cette amertume, que je déverserais bien – que je déverserais bien si j’en avais la force ; dans ces moments tout paraît calme insensible et parfait parce qu’insignifiant.
Quelqu’un a inventé ce jeu, terrible cruel captivant
Les maisons les lacs les continents
Comme un légo avec du vent
Nous devrions nous asseoir autour d’une table et écrire ses quatre vérités de vent à la terre qui ensuite nous accueillerait dans sa rugosité énorme.
Je ne peux plus voir demain, hier m’est indifférent ou bien je suis leurre et ce qui se dit ce qui s’écoule n’a plus la moindre des consistances nous sommes bien loin de tout.
Je me risquerais bien.
J’immiscerais dans une volute.
J’initierais.
J’allumerais.
Je déjouerais.
Je pourrais peut-être m’asseoir et attendre que vienne le soir.

Une route aux faisceaux éteints déroule son lavis de brume et je pourrais m’y enfoncer jusqu’à la nuit.

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