Il y en a que je connais à peine

Elle m’a dit : après, il y a eu les funérailles et la réunion de famille. Avec la famille élargie. Des cousins, des oncles, des tantes… Il y en a que je connais à peine. C’est un vrai clan, ma famille. C’est là qu’on décide. On discute et on se met d’accord. On a dû tenir tête à certains, ceux qui réclamaient leur part parce qu’ils estiment y avoir droit. Ils trouvaient qu’il y avait beaucoup trop d’argent pour nous. Qu’on risquait de le dilapider en sortant, en buvant, en s’amusant. C’est mon frère, le second, qui a été choisi pour gérer l’héritage. La suite se passe au tribunal. Normalement, on doit attendre trois mois, pour voir si quelqu’un d’autre ne se présente pas pour réclamer sa part. Un frère ou une sœur cachée. Heureusement, mon frère connaît le juriste (ils étaient à l’école ensemble), la procédure pourra aller plus vite.

Après l’enterrement, mes frères et moi, on s’est partagé ses affaires, des trucs qu’on connaît depuis toujours, auquel on est attaché sentimentalement. On a donné pas mal de choses à l’église. C’est ce qu’aurait fait ma mère.

On l’a enterrée à Mwanza. Certains voulaient rapporter le corps jusqu’au village de sa famille. On a refusé. Il était temps qu’on l’enterre.

Je n’arrive pas toujours à le croire. Maman est morte. Je suis vraiment seule. Mais j’ai confiance.

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