Toi qu’embrasse la lumière

Fleurs de funérailles est une initiative de Carl Norac pendant le premier confinement de l’année 2020, alors que des images d’obsèques sans fleurs et sans cortège circulaient dans les médias. La poésie renoue ici avec un de ses premiers états, celui d’un chant, qui peut transposer un vécu, adoucir des moments difficiles, vivifier un des plus vieux rituels qui soient : accompagner les proches défunts vers un ailleurs. Vous trouverez les poèmes proposés par un bon nombre d’autrices et auteurs en suivant ce lien. Je republie ici le texte que j’avais écrit à cette occasion.

Toi qu’embrasse la lumière

Nous sommes ceux que la lumière côtoie
et que l’ombre talonne,
en migration, nous sommes
les passants d’une histoire qui trébuche.

Et le souffle en visite
dans les chambres du cœur
entre par la porte, sort par la fenêtre.

Tu as rejoint l’ouvert.

Il ne reste que le vent et les arbres
pour passer nos appels,
le silence tout autour
où ta voix s’est défaite.

Ce silence est une mer
où nous nous tenons tous,
les uns aux autres
nous tenons.

Les mains devant
pour la traversée,
il faudra remonter des brassées de sel,
chercher en aveugle le fil d’un rivage,
la branche d’une parole, l’ombre d’un signe,

un battement, un grelot, une source,

que la douleur allume un ciel
et nos constellations gardent trace de toi.