Combustion, extraits

Ces trois poèmes inédits sont extraits d’un ensemble plus récent intitulé, à ce jour, Combustion … Spéciale dédicace à toutes mes soeurcières, ici et ailleurs, toujours bien présentes.

J’ai les cheveux rouges
les cheveux de feu des amérindiennes
des passagers des ânes tordus des maraudeurs, la toison
bête après l’hiver, les cheveux
longs de l’amazone et des anacondas,
j’ai les cheveux sur la lune et les paupières
toilées, la langue trop pendue et les poches
à l’envers,
mon allure s’éclaircit, les ratés se succèdent
j’ai du rouge dans la tête et le vent à travers.

*

J’ameute les chiens depuis les détritus
de nos vies de
sauvages déguisés en humains,
nous roulons de grosses feuilles
et des bûchers de puces.
Je leur dis des bobards,
ils font semblant de croire à
mes pétards mouillés,
en eux la vie tinte
de la clarté des sources
et je gueule dans le soir
l’impotence des ventrus
accoutrés.

*

Et je cours sous la lune
toutes paumes dehors,
je me fous des images qu’on a mise à sécher
des ronflantes fumées de
vos soirées repues,
j’ai la bedaine de l’ours le museau
de la louve
et des ailes d’abeilles qui fredonnent dans
la gorge
les saignées nécessaires aux enceintes frileuses
le prodige méconnu
des métamorphoses.