– lire – rencontres

 Au gré d’une existence plutôt nomade, cette page serait un peu mon carnet de route, laboratoire  où laisser décanter des rencontres, évoquer des échanges, raconter des immersions choisies ou des expériences contaminantes. Et un lieu où les mettre en résonance. 


Ceux d’à côté

En 2009 et 2010, je suis allée souvent chez les voisins.

J’emportais un livre, et un cahier.

J’ai vu le Carnaval. J’ai vu les couloirs. La date et la saison affichées sur le mur en face de l’ascenseur. Le perroquet. Les dominos.

J’ai vu les tables dressées pour quatre, ou six. Les places restées libres. La purée.

J’ai vu les télévisions allumées. La dame qui apporte le café. Les journaux empilés.

J’ai vu Vera. Don Quichotte. La grabataire. Le gardien bénévole. Les soeurs. Les assistantes.

J’ai vu Alice.

Ces textes sont nés pendant et suite à mes visites aux pensionnaires d’une résidence pour personnes âgées et démunies, en 2010. Mes voisins.


Elle m’a dit

Qu’avons-nous en commun? Où pouvons-nous nous rejoindre?

Lorsque je vivais en Tanzanie, j’ai souvent déploré la difficulté de la rencontre, je veux dire ma difficulté à rencontrer les Tanzaniens, encombrée que j’étais de toutes ces pudeurs, ces questions idiotes, ces a-priori d’Européenne ou de personne relativement instruite et pourtant ignorante dans le lieu où je me trouvais, et empêtrée dans ma méconnaissance de la langue, de la culture qu’elle véhicule, coincée entre ma bonne volonté et mon indécrottable paresse sur ce chemin sans cesse à refaire – vers l’autre.

S’il est pourtant un lieu où la rencontre s’est jouée, à plusieurs reprises, sur des modes souvent minuscules et sans doute d’autant plus précieux, c’est à travers des échanges que j’ai eus avec des femmes, ici et là, au détour d’une question, d’un étonnement que je manifestais, de connivences féminines et à la fois bien plus larges, parce qu’il y a toujours de (bien commodes) et universelles balises : la santé, le sexe, la naissance, les enfants, la relation à l’homme, le corps, la mère, l’alimentation, la vieillesse, la maladie – en deux mots: la vie et sa/ses fin(s).

Simples moments de paroles, où l’intime ne cessait d’affleurer et où j’avais pourtant le sentiment que nous touchions du doigt notre condition commune.

Ce sont ces échanges dont j’ai essayé de rendre compte, ici et là.


6°50’S – 39°17’E

Dar es Salaam.

Située le long de l’Océan Indien, en Tanzanie.

Au départ un simple village de pêcheurs.

Aujourd’hui une ville d’environ 3 millions d’habitants. Raisonnable, si on compare avec Lagos, Kinshasa, Johannesburg, Nairobi et d’autres métropoles du continent.

Dar es Salaam n’est pas la capitale du pays, mais son coeur économique et le siège de beaucoup d’institutions.

Pour moi, c’est avant tout une ville de métissages et de rencontres. La ville où je vis et où je travaille à l’heure où j’écris ces lignes. Une ville où les murs sont bien présents, aussi, même s’ils n’apparaissent pas toujours au premier coup d’oeil.

Chercher à les contourner est une des envies qui sous-tend l’écriture de ces quelques textes. Sans avoir la prétention d’y parvenir.


D’ici d’ailleurs on n’y voit pas si clair

Y voir clair. Allez savoir comment. Dès que j’essaye de le saisir, il me glisse entre les doigts. L’autre, là. Moi, ici, je n’y prétends pas. Mais j’aime bien m’approcher. Envisager, plus que dévisager.

Ça, c’était à Kampala, quand j’y ai vécu, entre 2014 et 2016. Par ici.


Et plus, bientôt… À suivre!


Raconter, pour que quelque chose ne meure pas en soi; nommer le monde avec les mots qui nous traversent, inviter les autres à faire de même, ne pas laisser le monde se détacher, ni risquer de le voir s’éloigner doucement, à la dérive de notre inconscience; apprendre, enfin, à s’en dessaisir.

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